Conflits armés : quand les États privatisent la sécurité et la guerre ?
La guerre n’est plus la chasse gardée des armées régulières. Nous assistons à une véritable « ubérisation » des conflits armés : des États aux abois ou en quête de discrétion sous-traitent désormais leur sécurité et leurs offensives à des prestataires privés. Des groupes paramilitaires type Wagner aux sociétés militaires privées anglo-saxonnes, la violence est devenue un service marchand qui s’achète et se vend sur un marché mondialisé.
Cette privatisation offre aux gouvernements un avantage redoutable : la possibilité de mener des guerres « low cost » (humainement et politiquement) tout en niant toute responsabilité officielle en cas d’exactions.
Mais cette dérive crée une dangereuse zone de non-droit. Comment réguler la guerre quand ses acteurs ne sont plus des soldats mais des employés ou des mercenaires ? Alors que le droit international peine déjà à encadrer les États, comment empêcher que ces guerres privées ne plongent le monde dans un chaos sans règles ni responsables ?
Intervenants :
- Général (2S) Thierry Marchand, Ambassadeur de France au Cameroun de 2022 à 2025
- Geneviève Goetzinger, Présidente de l’agence imaGGe et ancienne directrice générale d’entreprises de médias et de communication
- Eric Turquet de Beauregard, Délégué général et conseiller Mer de l’Institut Synopia
- Modération : Alexandre Malafaye, Président de l’Institut Synopia
