« Qui s’y frotte s’y pique ! »
Les mots, les discours et les postures ne suffisent plus à impressionner. La guerre est revenue en Europe. Les menaces hybrides se banalisent – cyberattaques, désinformation, sabotage, pression économique, ingérences permanentes sous le seuil – et la compétition entre grandes puissances forge de nouveaux empires. Le résultat est simple : en Europe, notre modèle de sécurité et de défense est devenu obsolète.
Pendant des années, notre horizon opérationnel a été dominé par des engagements expéditionnaires, mobilisant quelques milliers d’hommes, sur des théâtres instables mais circonscrits, avec des objectifs et des formats relativement bornés. Nous entrons dans une autre phase. Il faut désormais envisager la haute intensité à nos portes — et la penser dans la durée. Dans ce basculement, la France possède des atouts rares : une armée complète, une dissuasion nucléaire, une industrie de défense performante, une expérience opérationnelle enviée. Mais ces atouts ne suffisent plus si nous restons prisonniers d’une logique d’ajustement.
Cette note a été rédigée dans le cadre de l’organisation par l’Institut Synopia, à l’occasion de la troisième édition du Forum de Paris sur la Défense et la Sécurité (PDSF), d’une table ronde sur le thème suivant : « Dans un contexte de conflictualités multiples et croissantes, comment la France peut-elle décourager ses adversaires ? »

