Dans cinq ans, serons-nous encore maîtres de notre destin ?
Le numérique n’est plus un sujet sectoriel. Il conditionne notre souveraineté, notre sécurité, notre économie et la confiance dans nos institutions, et l’intelligence artificielle accélère tout. Le prochain mandat présidentiel sera celui au cours duquel il sera déterminé si la France et l’Europe subissent ces bouleversements ou les orientent pour en tirer avantage.
Il y a urgence car dans cinq ans, si nous ne faisons rien ou pas assez :
Souveraineté : l’Europe sera restée dépendante des infrastructures de calcul et des modèles d’IA américains et chinois, et les grandes décisions technologiques qui nous impactent directement se prendront à Washington ou à Pékin.
Sécurité : un hôpital, une administration, un réseau électrique, une chaîne de supermarchés ou une banque aura subi une paralysie majeure ou une attaque, et lorsque les données des citoyens auront fuité, ces derniers n’auront toujours aucun recours effectif.
Société : une génération entière aura grandi sans garde-fou face à des algorithmes conçus pour capter son attention et manipuler les consciences.
Économie : la facture numérique européenne aura continué d’enfler, au prix d’une perte de valeur ajoutée estimée à 107 milliards d’euros et de 1,4 million d’emplois d’ici 2030.
Culture et information : les deepfakes seront devenus indiscernables du réel, et la confiance dans le processus démocratique sera durablement entamée.
IA augmentée : des agents autonomes travailleront dans nos administrations et nos métiers qualifiés sans cadre de responsabilité clair, et nous réglementerons dans l’urgence des pratiques déjà généralisées.
Mais rien n’est écrit, et l’Europe dispose d’atouts réels : une électricité décarbonée, des champions émergents, une puissance normative unique. Le choix d’un numérique porteur de nos valeurs reste ouvert, à condition de s’y préparer sans perdre davantage de temps.

