Synopia vous propose de revenir sur les enseignements des Rencontres de la Cohésion qui se sont tenues le 23 octobre à Lille, et qui ont été organisées en partenariat avec la Région Hauts-de-France
Réindustrialiser. Le mot revient comme un mantra. Il sonne comme la nécessité d’un réveil stratégique et d’un antidote au déclassement. Dans nos territoires, la mobilisation est totale : les entrepreneurs et les investisseurs, bien sûr, accompagnés par les élus, les services de l’État, ainsi que le monde de l’éducation, les universités et les acteurs associatifs sont tous engagés.
L’énergie collective se ressent. Mais la réindustrialisation du pays peine à se concrétiser de façon massive. Nous voyons tous sa bannière, mais pas encore son armée.
Le problème est ailleurs, il vient du système, à la fois par les incohérences politiques qui s’accumulent, le manque de constance et de cap, l’accumulation des obligations et la perte de vue des finalités. Quant à la classe politique, elle n’aide pas. Alors même que l’on parle « d’économie de guerre », la classe politique fait la guerre à l’économie.
Il ne faut pas s’en étonner, c’est culturel. La France a voulu se désindustrialiser et changer une telle trajectoire constitue un défi considérable, surtout dans un pays qui a tendance à se défier des entreprises et de leurs dirigeants.
C’est ce perpétuel grand écart — entre le discours et les actes — qui nourrit le doute, fatigue les acteurs, et finit par coûter très cher à notre « cher vieux pays ».
Pour autant, tout reste possible et les Rencontres de la cohésion ont identifié 8 grands leviers sur lesquels il convient d’agir sans plus tarder, de l’humain au foncier, en passant par la bureaucratie, l’énergie ou encore l’innovation et l’investissement.
À son échelle, la Région Hauts-de-France montre qu’avec une volonté farouche, de la constance et une méthode partagée entre État, collectivités, entreprises et habitants, l’industrie peut revenir vite.
Le message de la Région est simple : réindustrialiser, ce n’est pas penser que l’on va rouvrir des usines comme on rallume des lumières. C’est reconstruire un modèle productif complet : des terrains disponibles, des règles stables, des délais rapides, des talents formés, de l’innovation alignée, une énergie compétitive, et une démocratie qui écoute.
Mais il faut aller plus vite, agir sur davantage de fronts et vraiment faire confiance aux acteurs de terrain. Et là, c’est à l’État de le vouloir, de le décider et de créer les conditions de notre indispensable réindustrialisation à grande échelle.
En plus de la croissance et de la création de richesse, une telle dynamique possèderait de nombreuses vertus et notamment celle de retisser, grâce à l’activité économique induite, des liens de cohésion et de confiance partout sur notre territoire.
Faisons-le ! Et n’attendons plus.
Nous espérons que cette revue nourrira vos réflexions, vos projets et vos engagements.
Alexandre Malafaye,
Président de Synopia


